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Mon marathon de Paris Avril 2010
Après des retrouvailles chaleureuses avec mes amis de New-York, j'ai ressenti une petite nostalgie de l'ambiance New new-yorkaise.
Malgré tout, sur les Champs Élysée, la présence des milliers de coureurs a fait son effet: j'étais porté par l'effervescence du moment.
Après le coup de feu libérateur, une marée humaine fondit sur l'obélisque de la Concorde. J'ai aperçut au bout de deux kilomètres un coureur qui s'arrêtait en grimaçant... J'avoue que intérieurement j'ai eu mal pour lui, surtout que mon genou gauche commençait à être douloureux! Le doute et la peur s'immisçait lentement en moi.
Le mental reprit le dessus, j'occultais la douleur en haranguant le public pour le faire participer et trouver des encouragements, bien trop modestes comparés toujours à New-York.
En France le public est plus spectateur tandis qu'à New York, ils sont plus acteurs.
Cependant je ne peux que remercier leur présence avec une dédicace toute spéciale aux pompiers de Paris assis sur les échelles sous lesquelles nous passions.
Au bout d'une dizaine de kilomètres, j'aperçois une goélette : engin spécialement fabriqué pour les handicapés lourds qui est tirée en relais, par une douzaine de coureurs. En les apercevant je les encourage en leur disant bravo, je suis ému aux larmes par l'enfant allongé et leur dévouement.
A mon grand étonnement ils me répondent la même chose alors que je ne cours que pour moi.
Je continue la course, bientôt sur une seule jambe à cause de mon genou. Malgré la douleur je n'envisage même pas d'abandonner.
Au Château de Vincennes, j'aperçois mon cousin Brahim avec ses deux enfants, qui brandissent une pancarte en m'encourageant. Je me précipite vers eux pour les embrasser. Dans mon élan, j'embrasse une inconnue qui se trouvait à côté. Confus je baissais la tête et je repartais de plus belle. Mon cousin m'a suivi en vélo pendant quelques kilomètres, ça m'a rebousté moralement après une inquiétude due à la douleur de mon genou.
Sorti de la solitude du bois de Vincennes, la foule qui se trouvait sur les quais m'a remis dans le contexte et l'effervescence de la course. Telle une déferlante, j'aperçois une marée humaine devant moi; telle une vague, les coureurs montaient et descendaient les quais en direction de la Tour Eiffel. On approche allègrement le trentième kilomètre, mon dossard « GO MALIK » que m'avait confectionné Nicolas pour New York a fait effet: j'entendais les touristes américains crier Go Malik! Je me suis cru soudain dans les rues de Brooklyn quelques mois auparavant.
A l'approche du bois de Boulogne près de Roland Garros la douleur du genou s'accentue en plus de la fatigue générale. J'interpelle un meneur d'allure de 3h30 (c'est un groupe de coureurs qui nous guident par rapport aux temps escomptés, envisagés, rêvés, souhaités au départ. Il y a 3h, 3h15, 3h30, etc.). Je lui dis : « Comment tu t'appelles? ». Il me répond Frédéric. Et je lui réponds, Hé Fred j'ai trop mal, ne m'abandonne pas. Allez, allez, courage, on est bientôt arrivé.
Entre temps, un gars m'encourage et se met à courir à mes côtés pendant plus d'un kilomètre, à ma grande surprise. Je me dis: « Tiens il est super sympa ce type! Comment se fait-il qu'il court à côté de moi sans me connaître? Je dois avoir une bonne tête pour lui. » Quand enfin je lève la tête pour le regarder, je me rends compte que c'était mon cousin. Il était revenu en voiture jusqu'à Boulogne! »
Quand on court on occulte tout, la douleur, l'environnement et même ses proches! INCREDIBLE!
A deux kilomètres de l'arrivée, mon meneur d'allure, Fred, me dit: 'Allez Malik, vas-y, donne tout, fonce!' Je lui réponds: « T'es fou ou quoi? » et malgré tout j'accélère. Arrivé à l'avenue Foch, la foule est dense et me transcende!!! Je donne tout et je franchis la ligne d'arrivée dans un temps inespéré de trois heures et trente minutes.
Je suis très heureux malgré le fait que j'envisageais moins de trois heures quinze: j'ai fait ce temps avec un syndrome rotulien douloureux!
Rendez-vous pour de prochaines aventures... un marathon hors du commun pour mes 50 ans...